La version du film « Lydia 15 ans » que j’ai réalisé en 2007 avec l’illustre musicien Mathieu Mirol est désormais consultable en meilleur qualité sur ce site…
Pour la voir c’est ici… Bon voyage si vous ne l’avez pas encore fait avec cette création.

La version du film « Lydia 15 ans » que j’ai réalisé en 2007 avec l’illustre musicien Mathieu Mirol est désormais consultable en meilleur qualité sur ce site…
Pour la voir c’est ici… Bon voyage si vous ne l’avez pas encore fait avec cette création.

I have a project, becoming crazy…
Voir l’image en plus grand | See this pic bigger
Nous étions à la finale de la coupe du monde de football à Amsterdam…
Une nuée de supporter orange dans laquelle nous nous sommes glissés…
Pendant plusieurs mois dans le 18ème arrondissement de Paris, j’ai pris des photos de ma fenêtre de cette vue magnifique.
A draw i made around the 12th of June in Amsterdam.
vjay – workshop 2
Un 23 mai, tard dans la nuit, je reçois un appel de Mathieu…
Il se plaint, nous ne travaillons pas assez ensemble en ce moment…
Je prends ma webcam et son pauvre micro, lui me répond dans l’écho de sa sphère sonore.
Et… quelques heures plus tard,
à distance,
lui à Bruxelles, moi sur Paris…
une correspondance…
le temps, ennui de l’artiste impatient.
Trouver peut prendre du temps et ce que l’on trouve parfois est à l’opposé de ce que l’on avait décidé au départ de bâtir. Le dessein premier est traversé par une multitude de chemins de traverse et même si au commencement l’on pouvait avoir une idée précise, une intuition, une réflexion profonde de ce vers quoi l’on voulait aller, nous allons rencontrer une autre réponse, ailleurs.
C’est pourquoi la carrière d’une œuvre doit n’avoir comme ambition que son évanescence.
La reconnaissance, il ne faut pas trop vite l’attendre en tant qu’artiste. Celui qui se perd dans cette recherche, trop préoccupé à emprunter les voies du reconnu, de la reconnaissance du public, des professionnels, des autres artistes, peut oublier l’essentiel. Bien souvent cette reconnaissance, si elle advient, on ne s’y attendait pas ou voir plus.
Mais il ne faut jamais oublier l’objet de notre quête.
Être reconnu en tant qu’artiste (dans la rue) n’a aucun intérêt et je pense peut même parfois nuire à son intériorité, être reconnu par son œuvre c’est une toute autre réussite, car elle a parlé pour nous, pas de nous, mais à vous.
Et là c’est un dialogue délectable et réussi.
Ensuite il faut réussir (tout en gardant la foi) à pérenniser et évoluer dans le temps, comme un vin qui ne cesse de se renouveler tout en prenant de l’âge et de la maturité. L’explosion d’une carrière très jeune n’est pas obligatoirement le plus grand signe de la réussite. C’est une étoile qui peut très rapidement imploser et perdre de son scintillement. La flamme, comme une braise, il faut l’entretenir, l’alimenter. Une étincelle se renouvelle, sa lumière éclate et c’est elle qui maintient la chaleur originale. Un feu s’éteint très vite si l’on ne reste pas attentif, si l’on ne travaille pas, et si l’on oublie de profiter de chacun de ses instants.
Trop passif, le foyer peut donc refroidir et s’éteindre…
Un matin comme ça, submergé par la tristesse d’un éclat illusoire, les rêves sont alors brisés par mille cendres poussiéreuses…
Revenons à ce trait.
Ce qui nait : une histoire.
Ce qui nait : une forme.
La forme est une histoire comme le rien était déjà le commencement d’une narration.
Faire ce trait, c’est déjà décider (inconsciemment ou non) de proposer un sens de lecture. C’est souligner une expressivité, la déposer, l’esquisser… Le trait est l’avènement du signe.
C’est aussi un signal du concret. Sa matérialisation évoque l’objectivation de l’esprit, dans cette apparition il prend forme, et finalement on aperçoit un début d’invisible.
On exprime de l’abstraction.
D’ailleurs qu’est-ce que l’abstraction qui fait tant peur ?
Ce n’est rien d’autre que de la matérialisation d’une idée, d’un état, d’un choix. Ce qui est abstrait a bien souvent comme support des références très concrètes. Le procès facile intenté à cette forme créative (en dehors de l’expression du goût – j’aime, j’aime pas – qui n’a rien d’universel) est une solution facile. Il exprime le refus de se demander pourquoi je ne reconnais rien, l’expression de ma complaisance à rester habituer à voir ce que mes yeux sélectionnent pour ne pas m’inquiéter. Ce n’est souvent rien d’autre qu’une quête répétitive de la contemplation du reconnu.
« Je trouve que ça ne ressemble pas. »
Cependant ne voir qu’un autoportrait ultra réaliste face à une toile qui use de cette technique, peut omettre de lire le réel sujet de ce qui est représenté. On peut ainsi rater la profondeur obscure d’un sujet par exemple.
Filmer en haute définition la surface d’un lac paisible dans la quiétude d’une montagne ensoleillée, peut ne faire voir qu’un axe restreint de la scène, on reste alors dans cet angle fermé et on omet de voir sur le sujet véritable. Qu’en est-il du carnaval tumultueux de la danse sous-marine d’une centaine de poissons carnivores ? Dans le fond de ce lac.
Ou encore s’arrêter à la lecture frontale d’une peinture représentant un roi tyrannique suffit-il à nous apporter toutes les informations ? Si on en reste à cette constatation du vu, on peut omettre de lire dans les traits du visage de cet homme le signe d’une culpabilité qui cache une blessure intérieure liée au refoulement d’un désir doux et homosexuel.
On ne peut révéler tout dans la création, mais on peut en proposer 30 000 accès, des routes différentes vers des révélations interprétatives.
Ici, c’est ce trait qui nous donne à voir et qui ainsi nous propose…
Je dessine un trait sur une feuille blanche.
On peut partir avec une intention, un but.
L’intensité de ce qui va attaquer la surface vierge de la toile sera déjà chargée d’une histoire, d’une intention consciente ou non. On pourra parler de désir ou de besoin, mais il y a toujours une force qui nous pousse à agir ou réagir.
Je dis nous, je devrais arrêter, je ne fais pas ici une définition de l’art, je ne vous propose que subjectivement de suivre le chemin constant qui m’entraîne dans la création. Avec mon regard, je vous ouvre ma maison, qui n’a aucune fondation universelle. Sachant pertinemment en plus que l’on peut faire, parfois, sans avoir aucune assise en créant dans ce flou, que certains nomment artistique, mais qui peut être le meilleur guide pour avancer. Car au contraire, la certitude peut aussi déstabiliser.
Le voyage, car je pense que créer en est un, c’est s’embarquer dans une route aux nouveaux repères, car même si on avance avec des références, c’est toujours un nous singulier qui trace.
Mais pour l’instant, j’étais face au repos de mon trait.
Cette petite marque qui ne nous disait pas plus de choses que : « je suis là »
Si je dessine un autre trait ou si simplement je le poursuis, nous raconterons une autre histoire.
Je préfère l’effacer. Car j’en ai déjà trop parlé. Non pas que je cherche l’épuré, mais tous ces mots qui le décrivent font enclumes, ils le plombent.
Je souhaiterai juste aller là où j’assumerai mon acte inconscient, je vais dans un lieu qui pourra dire ce que j’ai vraiment à vous dire, c’est à dire rien d’autre que la présence.
Ce qu’il y a de confortable c’est d’être seul face à cet acte. Nous avons cette liberté de partir là où nous le voulons, d’aller découvrir ce que nous ne soupçonnons pas et de faire naître un je ne sais quoi.
Notre représentation est comme un calque, la feuille posée sur le sujet permet de souligner, la feuille éloignée du sujet le déforme, nous observons et nous représentons. Ce qui est vu, va être traduit, absorbé par mes yeux, haché par ma cervelle, mon corps va le doser et mes mains, ma voix, mon attention vont le traduire.
C’est attentif que je forme ma technique.
Comme un musicien qui connaît son solfège, il ne le pense plus, il écrit, joue, explose les vocabulaires pour les faire chanter.
Un écrivain, lui, a appris à lire autre chose et dans l’acte d’écrire, il ne pense plus obligatoirement consciemment à la syntaxe. Elle coule, l’ayant visité à maintes reprises, les mots traduisent ensuite une personnalité et une histoire qui va s’échapper du style pour ensuite être approprié, vécu, par le lecteur.
Il existe tant de chemin entre l’émergence d’une œuvre et sa réception.
Immortels, ils vivent au-delà de leur essence.
Le rien. Tout commence avec rien. Et c’est loin d’être un non sujet ou un lieu vide.
Le rien est situable, il appartient au temps. Le rien est en devenir.
Du rien naitra une première trace.
C’est un endroit, un moment qui va se remplir. Qui va saisir.
Le rien est le socle de ce qui va naître.
Il ne faut pas s’en méfier, le redouter ou s’en angoisser.
Toute création a comme assise la même base. C’est l’auteur qui va bâtir sur cette fondation.
Si classiquement on parle de l’angoisse de la page blanche, il ne faut pas prendre ce sentiment comme un sujet sec, il est de notre ressort de la décrire, de la montrer, de l’ériger.
Nous pouvons créer des œuvres parce que notre esprit est « malade », abîmé, perturbé, mais la résultante : l’œuvre (à savoir si une œuvre peut être achevée, mais c’est déjà un autre sujet), elle sera saine, dépendante de l’État du créateur, elle sera coute que coute, offerte à la sérénité contemplative.
L’angoisse se donne à nous, ainsi en tant qu’altérité, elle devient autre, en dehors. Elle se propose mais ne contamine pas, elle se prend, on la surprend. Elle reste transparent au sujet.
Le spectateur distrait et perturbé par l’œuvre peut rester en surface, c’est son droit. Il est libre de ne pas voir, il est libre de plonger ailleurs, peut-être pour se dégager ou au contraire se retrouver dans ce qu’on lui propose, par prétexte.
Mais pour l’instant il n’y a rien.
Rien que du vide, du blanc ou du noir. La marque de l’instant. Ce moment est le support de l’esprit. Mais le processus créatif est déjà en émulation, que l’idée soit déjà là ou pas. Le fait même de se demander ce qu’il va naître en est déjà la naissance.
C’est l’acte créatif.
Mercantile fraise juteuse, perverse et pressée, tu fruits acide, t’enfouis perfide, potache et potager.
Ton jardin savoureux sème la terreur et par vengeance tu pratiques l’entartrée.
De la terre, tu laisses dépasser ta queue verte, complémentaire immersion, ton goût six pieds sous terre, tu le caches à l’engrais comme au revers.
Même si tu la ramènes, ta truffe témoigne de ton absorption massive de jus alcoolisé.
Cocktail frappé, ta peau acné sucrée jute son parfum au sacre du printemps, ta saison, ta mue qui se perd dans l’hiver qui te rend raison.
De-Correct the Camera and Re-Draw the Eyes:
through my view – in his music - at her body
April 3rd, 2009, au Point FMR / Paris.

Copyright photography Cyril Genty
Pour inaugurer ces workshop, voici un tit set vjay mixant des images (vidéos réalisées avec mon appareil photo) d’un de nos trecks à Florac dans les Cévennes.