Reflecting Story

Migration

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Je suis retombé sur « Migration » de Bill Viola (datant de 1976). Cette œuvre est saisissante.
Cette façon dont le temps est représenté par ces gouttes d’eau qui tombent.
Métaphore de la vidéo.
Le corps numérique perdu dans l’espace temps, un lieu abstrait pour le représenter.
Mise en abîme, incrustation d’une image en elle-même, le corps devient matière et la goutte son souffle.

Nom : MigrationArtiste : Bill ViolaDurée : 7 minutes

Encore une fois, il faut se laisser aller en art, ne rien en attendre. Surtout en art vidéo, ne pas en attendre des « rythmes télévisés ». Une création pose. On s’arrête pour avancer, car on constate ou critique. On n’est finalement pas soumis à l’image. Un clip musical apporte des émotions physiques, sensitives mais généralement ce type de film n’existe que par le constat de ce qu’il représente, il raconte la musique du groupe, il en parle en représentant cette musique, en la racontant. En art, on est dans une autre approche, un autre chemin de communication. Dans cette œuvre de Bill Viola, le son même altère le temps dans lequel on évolue habituellement (qui peut du coup provoquer une lassitude face au visionnage du film). En fait, on est toujours occupé ou préoccupé donc on fuit l’espace vide, on n’est pas habitué à rentrer dans un état passif. Être passif face à, et du coup être au même instant finalement actif, car on accepte d’être face à quelque chose que l’on ne comprend peut-être pas mais qui peut exister grâce à un ressenti aveugle, juste jouir du moment. C’est ce qui m’arrive souvent face à des films de Godard, je ne saisis pas mais par contre je prends, j’écoute le rythme et j’apprécie l’originalité sans pour autant être capable d’en parler. La parole n’est pas toujours nécessaire pour rendre l’œuvre, en tant que spectateur, ressentir reste une priorité.
Après évidemment naît la richesse de l’échange avec l’autre, c’est l’histoire entre les personnes qui rend pérenne, le temps fait son travail. Mais déjà le dialogue entre une création et celui qui la voit n’a aucun autres codes que la subjectivité, que l’on aime ou pas, il existe un quelque chose et c’est déjà bien.
Dans la vidéo de Viola donc, ce son rythme avec une nouvelle cadence et c’est un rythme qui m’emporte car je me laisse porter.

L’œuvre d’art est accessible, il faut juste se laisser prendre. C’est déjà la comprendre pour ne pas la prendre à rebrousse poil. Comprendre ce n’est pas obligatoirement savoir, laissons donc nous envahir par le sensitif.
L’art n’est pas dédié aux intellos, comme l’équipe de France n’est pas l’image de la banlieue, attention aux caricatures qui stigmatisent, qui découpent et isolent.

Ensuite, chacun s’exprime, face à ce qu’on lui propose, avec ses mots ou son silence.
… le souffle communicatif.

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