c’est avec surprise que j’ai reçu ce matin ce sms.
Non pas que techniquement j’ai été renversé, non, c’est plutôt le contenu du message qui a bouleversé le rythme de ma journée.
un 08 et quelques qui me faisait savoir qu’une jeune femme attendait de mes nouvelles.
Innocemment et dans la foulée, j’ai appelé l’interlocutrice inconnue.
Elle s’appelait Léïa, joli nom, et voulait savoir pourquoi je ne l’avais pas contacté suite à notre rencontre. Timide comme à chaque fois, je me trouvais bien confus de ne pas me remémorer cet évènement.
Quand avais-je pu la croiser ? Et dans quel bar ?
Surtout que je ne sors plus depuis mon opération à cœur ouvert.
Je me suis dit que je n’avais pas toute ma tête depuis ma dernière crise, je devais avoir égaré de mon esprit ces souvenirs chaleureux. Et vu mon moral actuel, je devais avoir oublié d’entretenir de tels plaisirs partagés.
Cela étant, je n’étais pas persuadé de son désir réel de vouloir me revoir. Évasive au téléphone, elle ne semblait pas tant que ça prête à prendre un verre avec moi. Le plus étonnant c’est que dès le départ de notre conversation, elle m’évoquait un sur-coup occasionné par notre conversation, me parlant d’un je ne sais quel numéro surtaxé. Très étrange de vouloir me parler d’en tirer un, avant même de remettre en ordre nos souvenirs si flous. Et pourquoi déjà m’exciter à vouloir me faire un numéro de strip ? Surtout si elle ne voulait même pas me revoir.
Mais voilà, il était temps d’arrêter de me poser des questions.
Cela faisait bien longtemps qu’une femme m’avait contacté.
Je repris donc le cours normal de ma journée, le sourire aux lèvres.
Le soir même, au retour du bureau, dans le métro, j’ai pensé.
Léïa…
J’avais compris la supercherie.
Ma voisine du dessous s’appelait : Lilas, dix-huit ans (enfin je crois).
J’avais compris le manège, on essayait à nouveau de me tourner en ridicule.
Depuis le mois dernier, je ne cessais de me dire que ce ne serait pas la dernière fois que j’allais user de mon talent de strangulation. J’ai toujours éprouvé un plaisir immense et caché pour cette compression consciencieuse des veines jugulaires. Ma jouissance intime en quelque sorte. C’est un acte d’amour si sain que d’empêcher le retour du sang depuis la tête vers le cœur.
Alors plutôt que de m’en priver, j’ai décidé, dès que j’ai pénétré mon immeuble, de rendre visite à cette petite garce de comédienne et de lui faire mon numéro.
Oui, j’ai toujours été un grand romantique.
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