
copyright-Tatham-2007
Bon là, en ce moment, de suite, maintenant, j’ai rien à dire sur l’amour.
J’en serai même à dire que ce truc, ça ne fait que lisser une réalité qu’on a pas envie de gérer. Un refuge qu’on justifie avec des qualificatifs bien serviables. Des machins choses comme : french lover ou au pire garçon romantique. OK pour déclamer, ça c’est sure que là-dedans y’a que de la vérité, mais bon l’ascension est courte et vite fait que le zizi retombe. Je pense que c’est après que tout est à dire, une fois le kleenex usé (passons la clop, c’est pas du cinéma – et nouveauté ça pue dans la chambre qu’il parait !)…non… non, c’est bien après quand elle croit que tout est dit et que la nique, comme virgule, nous amène que vers un seul point final.
On a joui et tout est dit ?
C’est pourtant là que tout commence, c’est là que naissent les premiers vrais soupçons de la transe. Le corps vidé. Alors ça peut faire flipper, le silence après les baisers, on sent alors à l’aise quand le sommeil lui nous gagne.
Mon premier amour appelait ça « s’endormir sur le tas »… mais au fait c’était-elle qui m’avait défloré ?
Après on accumule, on enchaine et dans les mots on devient le serial fucker, tout est vraiment bourré d’amour, pas de doute on est dans la déroute. On abuse des « je t’aime » jusqu’à la nausée et un jour, une fois que t’en as bien bavé, t’arrête de lâcher ces soi-disantes vérités. Tu te mets à les doser et t’aperçois que c’est bien rare le moment où tu peux en user de ces trois mots devenus bien trop communs. De ceux dont on fait un montagne, ciel ça vous chagne. Tu croises alors des filles nouvelles, et d’un coin de l’œil, tu doses l’éventualité mais ce n’est que dans le métro que tu pénètres, dans la rame que tout seul tu te retires, la musique aux oreilles. T’as l’impression d’être seul et tu t’aperçois et bien oui que tu l’es. Alors tu te mets à critiquer tout ces gens autour de toi d’en chier, là dans la rame. Tu te sens mieux qu’eux, mais tu te souviens rapidou que toi aussi t’es dans ta précarité middle class. Tu te shootes toujours aux pâtes, ça fait le mec sûrement cool, encore un peu étudiant mais bon de toute façon t’aimes ça et t’as pas le choix. Le bifteck ce sera pour Noël et ton cadeau en rêve sera du Meursault.