Reflecting Story

Décalage sonore du quotidien

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Retour sur une exposition que j’avais fait avec Mathieu Mirol qui s’appelait INTERFÉRENCE.
J’avais exposé une vidéo pour cet évènement :  Crossing Moments et des peintures et installations.
L’expo était plongée dans un univers sonore mis en place par Mister Mirol.

Retour sur son travail :

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Le Syndrome du timide

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Pour la première biennale de vidéos créatives organisée par la fondation Guggenheim et Youtube, on peut se permettre de lâcher un petit cocorico (pas de quoi non plus se vanter en ce moment de notre beau pays France, les chefs d’entreprises à l’Elysée ne donnent pas le bon exemple) mais écoutons tout de même le chant d’une poule à crête, oui, y’a un frenchy dans la place.

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back to Lydia, 15 ans

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La version du film « Lydia 15 ans » que j’ai réalisé en 2007 avec l’illustre musicien Mathieu Mirol est désormais consultable en meilleur qualité sur ce site…
Pour la voir c’est ici… Bon voyage si vous ne l’avez pas encore fait avec cette création.
lydia-15ans

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Inside the black box

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Belle découverte quand je suis tombé sur ce teaser du spectacle « audiovisuel et cinéma d’objet » par SATI et YRO… Du rythme, de l’idée, de l’originalité… je vous laisse savourer :

Le synopsis :
C’est l’histoire de trois personnages, inventeurs de machines permettant de retranscrire visuellement des mondes fantaisistes et absurdes. Boîte phosphorescente, Tron-box (en hommage au film du même nom), générateur de particules lumineuses et carton perforé, xylophone visuel, gymnopédie cellulosique… mais les machines sont capricieuses et révéleront quelques surprises à nos apprentis ingénieurs.

De l’ombre à la lumière se dessinent les contours de la boîte noire, machine magique et imprévisible. Les mystères qu’elle renferme prennent vie dans ce spectacle tout public à la croisée du concert, du théâtre d’objet et du cinéma. Les trois artisans de ce film abstrait et poétique, Yro et le duo SATI, fabriquent et manipulent une série d’objets étonnants qui leur servent de matière première. À la fois lisses et granuleuses, les images qui composent la performance aux allures artisanales sont créées en direct par des dispositifs filmés par des caméras et retransmis à l’écran (maquette, papier, carton, lumière, moteurs, fils…). L’esthétique low-tech des images fait référence aux films en noir et blanc, bien que la performance s’appuie sur les dernières technologies multimédias. Les particules, les lignes graphiques et autres mouvements s’enrichissent au hasard de la manipulation et forment des images étonnantes, comme générées par un ordinateur imparfait.

Une musique ambiante et vallonnée entraîne les films dans des climats sombres et sensibles, mélange des sons concrets captés par les dispositifs d’Yro et des compositions électroniques et acoustiques du duo SATI. Le public navigue entre des paysages calmes et tortueux, des ambiances expérimentales et mélodiques. Sans comprendre la signification exacte des images et des sons, le spectateur sent leur force et leur pouvoir de suggestion, entraîné dans le processus de fabrication et la mécanique du rêve.

Musique : Jesse Lucas et Erwan Raguenes (SATI) – Objets et projection : Yro
le site, des images…

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Migration

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Je suis retombé sur « Migration » de Bill Viola (datant de 1976). Cette œuvre est saisissante.
Cette façon dont le temps est représenté par ces gouttes d’eau qui tombent.
Métaphore de la vidéo.
Le corps numérique perdu dans l’espace temps, un lieu abstrait pour le représenter.
Mise en abîme, incrustation d’une image en elle-même, le corps devient matière et la goutte son souffle.

Nom : MigrationArtiste : Bill ViolaDurée : 7 minutes

Encore une fois, il faut se laisser aller en art, ne rien en attendre. Surtout en art vidéo, ne pas en attendre des « rythmes télévisés ». Une création pose. On s’arrête pour avancer, car on constate ou critique. On n’est finalement pas soumis à l’image. Un clip musical apporte des émotions physiques, sensitives mais généralement ce type de film n’existe que par le constat de ce qu’il représente, il raconte la musique du groupe, il en parle en représentant cette musique, en la racontant. En art, on est dans une autre approche, un autre chemin de communication. Dans cette œuvre de Bill Viola, le son même altère le temps dans lequel on évolue habituellement (qui peut du coup provoquer une lassitude face au visionnage du film). En fait, on est toujours occupé ou préoccupé donc on fuit l’espace vide, on n’est pas habitué à rentrer dans un état passif. Être passif face à, et du coup être au même instant finalement actif, car on accepte d’être face à quelque chose que l’on ne comprend peut-être pas mais qui peut exister grâce à un ressenti aveugle, juste jouir du moment. C’est ce qui m’arrive souvent face à des films de Godard, je ne saisis pas mais par contre je prends, j’écoute le rythme et j’apprécie l’originalité sans pour autant être capable d’en parler. La parole n’est pas toujours nécessaire pour rendre l’œuvre, en tant que spectateur, ressentir reste une priorité.
Après évidemment naît la richesse de l’échange avec l’autre, c’est l’histoire entre les personnes qui rend pérenne, le temps fait son travail. Mais déjà le dialogue entre une création et celui qui la voit n’a aucun autres codes que la subjectivité, que l’on aime ou pas, il existe un quelque chose et c’est déjà bien.
Dans la vidéo de Viola donc, ce son rythme avec une nouvelle cadence et c’est un rythme qui m’emporte car je me laisse porter.

L’œuvre d’art est accessible, il faut juste se laisser prendre. C’est déjà la comprendre pour ne pas la prendre à rebrousse poil. Comprendre ce n’est pas obligatoirement savoir, laissons donc nous envahir par le sensitif.
L’art n’est pas dédié aux intellos, comme l’équipe de France n’est pas l’image de la banlieue, attention aux caricatures qui stigmatisent, qui découpent et isolent.

Ensuite, chacun s’exprime, face à ce qu’on lui propose, avec ses mots ou son silence.
… le souffle communicatif.

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reflecting story because….

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Bill Viola – Reflecting Pool

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Julien Tatham

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- artiste visuel –
né en 1972 en Alençon, travaille aujourd’hui à Bruxelles.

Copyright Ambiome 2009

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Dans les années 1990, c’est en sortant du film Stalker d’Andreï Tarkovski et Faces de John Cassavetes que je comprends qu’il existe un autre angle de vision de la réalité et je découvre ainsi un tout autre cinéma.
Ma pratique artistique prenait naissance.
Très tôt, je rejoins un atelier audiovisuel et commence à voir des passerelles entre création et réflexion. Je rentre à l’université des arts pour continuer mes recherches et ma formation.
Je mets en place diverses installations contemporaines dans le cadre d’expositions collectives ou personnelles. En incluant art vidéo, mise en espace, travaux photos et picturaux, je travaille sur diverses thématiques : l’identité, l’ironie, le faux, la pornographie quotidienne…
Je continue ces recherches en travaillant désormais sur l’idée de factices vidéos intimes : la réalité mise en scène.
C’est à cette époque que je commence à m’interroger sur les frontières entre l’art et la vie et la problématique de faire de sa vie une œuvre d’art. Mon histoire personnelle (amour, rencontres, soirées…) devient un journal intime vidéo fictif et occupe l’essentiel partie de mon temps et de mon
travail. Tout ce qui est dans ma vie peut être utilisé et déformé.
J’intègre l’UFR arts du spectacles et m’intéresse à l’histoire du cinéma et à sa théorie, cela m’ouvre de nouvelles frontières.
Je pars ensuite, après une maitrise autour de Pier Paolo Pasolini (film réalisé avec Benoit Sicat), sur Paris pour faire de l’assistanat sur des tournages de film. Ecoeuré par la méthode employée par certains réalisateurs avec les comédiens, la direction d’acteur devient un des éléments principaux de mes recherches.
Je suis donc plusieurs cours de jeu afin de voir comment ils travaillent. Devenant par la même comédien, toute une palette d’action m’aide à trouver des voies et des solutions pour amener un acteur à donner ce que je recherche. Quelques années plus tard, je donne des ateliers de jeu devant la caméra aux apprentis comédiens.
Puis la vie matérielle un temps me rattrape. Créer au grès d’une réalité économique nous amène parfois à faire des concessions sur son propre travail devant subvenir à ses besoins. N’ayant donc plus aucunes ressources financières et décidant de laisser le monde du tournage, ne croyant pas aux projets des autres réalisateurs sur lesquels j’ai travaillé, je me concentre sur la création graphique. Apprendre de nouveaux médiums tout en trouvant une solution pour survivre dans cette société et continuer à faire de la création immédiate. C’est à cette époque que je me concentre sur mon travail d’écriture : poèmes et mon premier roman : de deux choses l’une.
L’ensemble de ces écrits reprennent mes obsessions et questionnent la place de l’artiste dans la société. Mes thèmes d’écriture sont alors variés, abordant la sexualité, l’amour, la solitude, le chômage et l’anonymat.

Copyright - Ambiome - 2009

Copyright - Ambiome - 2009

Puis, de retour à la réalisation, je réalise de manière totalement indépendante mes propres films en commençant par « Centrum ».
Centrum a été filmé à partir d’une expérience réelle qui m’a amené avec mon musicien de prédilection Mathieu Mirol aux frontières de la réalité. Une expérience douloureuse de drogue qui m’a fait perdre mon rapport à la perception. Je transpose alors cette expérience dans un récit fictionnel d’un couple en naufrage et d’une échappée de la vie quotidienne par une substance chimique.
Je décide alors de continuer mes créations vidéos en total indépendance, avec aucun moyen de production, avec le matériel du bord, et tourne des films souvent dans une sphère privée. La plupart de mes productions sont élaborés dans un principe de recherche filmique, c’est à dire en totale expérimentation.
Dans cette optique, je tourne Tribute, un hommage à PJ Harvey. Le rock et la musique expérimentale font parties intégrantes de ma vie et leurs dialogues avec mes images deviennent liés de manière presque obsessionnelle. Il en sera de même pour Erotidien, un poème érotique tourné en hommage à Shannon Wright et Yann Tiersen. La musique pop française avec des représentants comme Dominique A, Miossec, accompagnent l’ensemble de ma vie. Ayant fait mes études à Rennes, je suis influencé par ces artistes qui écrivent autour du quotidien et de l’intimité. Le premier album de Dominique A, enregistré dans sa salle de bain : La Fossette aura une grande influence sur ma pratique (d’où certainement cet hommage sur l’ébauche du film : Comment c’était déjà ?, chanson de Dominique A.). Erotidien est un regard sur la femme, sujet cyclique dans mon travail. Une femme qui se réveille, action quotidienne… C’est une ouverture au décalage. Montrer la simplicité pour (se) dégager d’une répétition. La représentation et l’interprétation dans l’art, et la démarche de l’artiste d’extraire.
Leaving se nichera, sous la forme du déplacement, dans cette frontière entre réalité et fiction. Une fin d’histoire d’amour, un départ ou une arrivée.

Puis l’obsession musicale, le rythme, le son, le montage m’emmène dans des expériences où la narration n’existe que par le subjectif, l’esprit et ses détours sont les principaux fils conducteurs (Escaping Trip, Death Kiss…) Le scénario, écrit au montage, dépend de l’instant, il est dicté par la musique après avoir été éjecté de la folie d’un esprit (le personnage qui raconte). Sonic Youth devient un groupe d’influence essentiel dans mon travail.

Continuant ma pratique artistique plastique (installations, peintures…) l’art vidéo ne cesse de s’intégrer dans mes recherches. A l’occasion de l’exposition Interférence (Mathieu Mirol ayant réalisé l’habillage sonore dans la chapelle ou nous exposions) je montre des œuvres picturales et la vidéo-art : Crossing Moments. Ce film est un voyage et un montage d’échos entre différents pays d’Europe, comme des liens distants, la narration dépend des images recueillies, un archivage d’instants x pour dresser une abscisse autre. Le film est donc montré dans ce cadre, les spectateurs piochent au grès de leur passage un instant sonore et visuel pour emporter avec eux un sédiment émotionnel.
Je réalise ensuite, avec pour actrice Florence Bergaut et avec le musicien Mathieu Mirol, Lydia, 15 ans. Ce film est à la base un triptyque commandé par les bains douches (Géraldine Blé, décoratrice d’intérieurs et créatrice d’objets me demande de réaliser une œuvre pour l’habillage du lieu). Je mets en place deux photographies et sur le troisième panneau : le film projeté. Partant du support du carrelage des bains douches (la douche et la salle de bain ont souvent été au centre de mes décors filmiques et scéniques) je raconte l’histoire d’une adolescente qui chat sur le net. Elle envoie des messages liées à son mal-être et j’interprète l’univers musical de la jeune fille pour influer sur le montage. Ce film sera sélectionné au festival de films expérimentaux de Detmold devenant une œuvre à art entière (laissant les deux images échos dans le lieu des bains douches). Mathieu Mirol composera live la musique une fois le film monté.
C’est pourquoi aujourd’hui je suis arrivé au travail de VJ-artiste vidéaste. N’étant pas musicien mais ayant la musique dans les veines, ce médium d’expression s’est invité naturellement dans mon parcours. Pouvoir raconter une histoire en direct en fonction du son et des autres arts qui l’accompagnent (danse, peinture, invités,…). Laisser une histoire ouverte pour pouvoir improviser et retrouver la magie de la scène (rencontrée en tant que comédien dans le passé).
Pornem, lui est un ovni, un hommage à Lydia Lunch, que j’ai eu la chance de rencontrer. Suite à la discussion que nous avons eus et à la sortie d’une de ses performances mêlant ces spoken words, la musique et l’image, je suis sorti gonflé à bloc et je lui ai écrit ce poème flash/vidéo.

Depuis, je travaille en performance live avec des artistes et j’ai réalisé Because we don’t know this place ou encore collaboré avec Cédric Folliot sur Burning Miles.

Aujourd’hui installé sur Bruxelles, nous travaillons avec Mathieu Mirol sur la nouvelle version de Because we don’t know this place… we are going there.

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John Cage – about silence

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Lydia, 15 ans

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copyright J. Tatham - 2009

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2007 – film de 10 minutes – DV
Sélectionné au festival international du film court de Detmold 2007
Lydia a 15 ans, elle « chat » sur le net et nous offre ses pensées.
Elle aime la musique, a ses angoisses et ses rêves d’adolescente…
Je viens de terminer le scénario de la fiction de Lydia avec le même personnage.

Selected to the international short film festival of Detmold 2007
Lydia is 15 years old, she « chats » on the net and give us her thoughts.
She loves music, meets her own terror and has her adolescent dreams…
I have finish the writing of the script of the Lydia’s experimental fiction with the same character.

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Crossing Moments

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