Reflecting Story

Julien Tatham

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- artiste visuel –
né en 1972 en Alençon, travaille aujourd’hui à Bruxelles.

Copyright Ambiome 2009

Copyright Ambiome 2009

Dans les années 1990, c’est en sortant du film Stalker d’Andreï Tarkovski et Faces de John Cassavetes que je comprends qu’il existe un autre angle de vision de la réalité et je découvre ainsi un tout autre cinéma.
Ma pratique artistique prenait naissance.
Très tôt, je rejoins un atelier audiovisuel et commence à voir des passerelles entre création et réflexion. Je rentre à l’université des arts pour continuer mes recherches et ma formation.
Je mets en place diverses installations contemporaines dans le cadre d’expositions collectives ou personnelles. En incluant art vidéo, mise en espace, travaux photos et picturaux, je travaille sur diverses thématiques : l’identité, l’ironie, le faux, la pornographie quotidienne…
Je continue ces recherches en travaillant désormais sur l’idée de factices vidéos intimes : la réalité mise en scène.
C’est à cette époque que je commence à m’interroger sur les frontières entre l’art et la vie et la problématique de faire de sa vie une œuvre d’art. Mon histoire personnelle (amour, rencontres, soirées…) devient un journal intime vidéo fictif et occupe l’essentiel partie de mon temps et de mon
travail. Tout ce qui est dans ma vie peut être utilisé et déformé.
J’intègre l’UFR arts du spectacles et m’intéresse à l’histoire du cinéma et à sa théorie, cela m’ouvre de nouvelles frontières.
Je pars ensuite, après une maitrise autour de Pier Paolo Pasolini (film réalisé avec Benoit Sicat), sur Paris pour faire de l’assistanat sur des tournages de film. Ecoeuré par la méthode employée par certains réalisateurs avec les comédiens, la direction d’acteur devient un des éléments principaux de mes recherches.
Je suis donc plusieurs cours de jeu afin de voir comment ils travaillent. Devenant par la même comédien, toute une palette d’action m’aide à trouver des voies et des solutions pour amener un acteur à donner ce que je recherche. Quelques années plus tard, je donne des ateliers de jeu devant la caméra aux apprentis comédiens.
Puis la vie matérielle un temps me rattrape. Créer au grès d’une réalité économique nous amène parfois à faire des concessions sur son propre travail devant subvenir à ses besoins. N’ayant donc plus aucunes ressources financières et décidant de laisser le monde du tournage, ne croyant pas aux projets des autres réalisateurs sur lesquels j’ai travaillé, je me concentre sur la création graphique. Apprendre de nouveaux médiums tout en trouvant une solution pour survivre dans cette société et continuer à faire de la création immédiate. C’est à cette époque que je me concentre sur mon travail d’écriture : poèmes et mon premier roman : de deux choses l’une.
L’ensemble de ces écrits reprennent mes obsessions et questionnent la place de l’artiste dans la société. Mes thèmes d’écriture sont alors variés, abordant la sexualité, l’amour, la solitude, le chômage et l’anonymat.

Copyright - Ambiome - 2009

Copyright - Ambiome - 2009

Puis, de retour à la réalisation, je réalise de manière totalement indépendante mes propres films en commençant par « Centrum ».
Centrum a été filmé à partir d’une expérience réelle qui m’a amené avec mon musicien de prédilection Mathieu Mirol aux frontières de la réalité. Une expérience douloureuse de drogue qui m’a fait perdre mon rapport à la perception. Je transpose alors cette expérience dans un récit fictionnel d’un couple en naufrage et d’une échappée de la vie quotidienne par une substance chimique.
Je décide alors de continuer mes créations vidéos en total indépendance, avec aucun moyen de production, avec le matériel du bord, et tourne des films souvent dans une sphère privée. La plupart de mes productions sont élaborés dans un principe de recherche filmique, c’est à dire en totale expérimentation.
Dans cette optique, je tourne Tribute, un hommage à PJ Harvey. Le rock et la musique expérimentale font parties intégrantes de ma vie et leurs dialogues avec mes images deviennent liés de manière presque obsessionnelle. Il en sera de même pour Erotidien, un poème érotique tourné en hommage à Shannon Wright et Yann Tiersen. La musique pop française avec des représentants comme Dominique A, Miossec, accompagnent l’ensemble de ma vie. Ayant fait mes études à Rennes, je suis influencé par ces artistes qui écrivent autour du quotidien et de l’intimité. Le premier album de Dominique A, enregistré dans sa salle de bain : La Fossette aura une grande influence sur ma pratique (d’où certainement cet hommage sur l’ébauche du film : Comment c’était déjà ?, chanson de Dominique A.). Erotidien est un regard sur la femme, sujet cyclique dans mon travail. Une femme qui se réveille, action quotidienne… C’est une ouverture au décalage. Montrer la simplicité pour (se) dégager d’une répétition. La représentation et l’interprétation dans l’art, et la démarche de l’artiste d’extraire.
Leaving se nichera, sous la forme du déplacement, dans cette frontière entre réalité et fiction. Une fin d’histoire d’amour, un départ ou une arrivée.

Puis l’obsession musicale, le rythme, le son, le montage m’emmène dans des expériences où la narration n’existe que par le subjectif, l’esprit et ses détours sont les principaux fils conducteurs (Escaping Trip, Death Kiss…) Le scénario, écrit au montage, dépend de l’instant, il est dicté par la musique après avoir été éjecté de la folie d’un esprit (le personnage qui raconte). Sonic Youth devient un groupe d’influence essentiel dans mon travail.

Continuant ma pratique artistique plastique (installations, peintures…) l’art vidéo ne cesse de s’intégrer dans mes recherches. A l’occasion de l’exposition Interférence (Mathieu Mirol ayant réalisé l’habillage sonore dans la chapelle ou nous exposions) je montre des œuvres picturales et la vidéo-art : Crossing Moments. Ce film est un voyage et un montage d’échos entre différents pays d’Europe, comme des liens distants, la narration dépend des images recueillies, un archivage d’instants x pour dresser une abscisse autre. Le film est donc montré dans ce cadre, les spectateurs piochent au grès de leur passage un instant sonore et visuel pour emporter avec eux un sédiment émotionnel.
Je réalise ensuite, avec pour actrice Florence Bergaut et avec le musicien Mathieu Mirol, Lydia, 15 ans. Ce film est à la base un triptyque commandé par les bains douches (Géraldine Blé, décoratrice d’intérieurs et créatrice d’objets me demande de réaliser une œuvre pour l’habillage du lieu). Je mets en place deux photographies et sur le troisième panneau : le film projeté. Partant du support du carrelage des bains douches (la douche et la salle de bain ont souvent été au centre de mes décors filmiques et scéniques) je raconte l’histoire d’une adolescente qui chat sur le net. Elle envoie des messages liées à son mal-être et j’interprète l’univers musical de la jeune fille pour influer sur le montage. Ce film sera sélectionné au festival de films expérimentaux de Detmold devenant une œuvre à art entière (laissant les deux images échos dans le lieu des bains douches). Mathieu Mirol composera live la musique une fois le film monté.
C’est pourquoi aujourd’hui je suis arrivé au travail de VJ-artiste vidéaste. N’étant pas musicien mais ayant la musique dans les veines, ce médium d’expression s’est invité naturellement dans mon parcours. Pouvoir raconter une histoire en direct en fonction du son et des autres arts qui l’accompagnent (danse, peinture, invités,…). Laisser une histoire ouverte pour pouvoir improviser et retrouver la magie de la scène (rencontrée en tant que comédien dans le passé).
Pornem, lui est un ovni, un hommage à Lydia Lunch, que j’ai eu la chance de rencontrer. Suite à la discussion que nous avons eus et à la sortie d’une de ses performances mêlant ces spoken words, la musique et l’image, je suis sorti gonflé à bloc et je lui ai écrit ce poème flash/vidéo.

Depuis, je travaille en performance live avec des artistes et j’ai réalisé Because we don’t know this place ou encore collaboré avec Cédric Folliot sur Burning Miles.

Aujourd’hui installé sur Bruxelles, nous travaillons avec Mathieu Mirol sur la nouvelle version de Because we don’t know this place… we are going there.

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Mathieu Mirol

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- musicien multi sonore et vivant -
né en 1978 à Maisons Alfort.

copyright Cyril Genty

copyright Cyril Genty

Il commence des études de piano à l’age de 7 ans. Son père musicien bassiste de métier (Johnny Hallyday, Jacques Dutronc…) lui fait très tôt écouter les musiques jazz et fusion qui lui permette de travailler son oreille.
Parallèlement il est aussi imprégné de musique Brésilienne (Joao Gilberto, Caetano Veloso…) et de Rap. A 15 ans, il travaille le saxophone alto puis Tenor, travaille l’harmonie à la guitare, et à 17 ans décide d’abandonner ses études scolaires de l’enseignement public pour se consacrer uniquement à la musique. Il entre a l’école européenne de jazz Infimm Cim, prend des cours avec Philippe Baudoin, Jean-Claude Fohrenbach, et c’est aussi a partir de ce moment qu’il prendra conscience des aspects professionnels de la musique et de la direction de groupe.
L’année suivante, il entre à l’école Atla et y prend des cours Romane, Max Robin, et Gilles Barikosky (il devient d’ailleurs assistant de professeur vers la fin de l’année dans cette école) commence ses premières séances studio de son côté. L’année suivante il continue a jouer en tant que sideman et à former quelques bands, organise quelques gigs et concerts, travaille les styles électro jazz, électro pop, et surtout commence à travailler en tant que bassiste avec son père dans des concerts destiné à l’éducation nationale donnés aux 4 coins de la France. Il a la chance de jouer aux cotés de Patrice Boudot-Lamot, Steve Verbeke ou encore le talentueux Mathieu Fromont (Bo weavil) pour les spectacles Blues ainsi que Tarcisio Gondim et Paul Mendy, pour les spectacles Brésiliens. Il joue également avec les frères Parada (musique péruvienne).
Ces spectacles donnent naissance à des albums Mélo flute qui seront enregistrés en Studio sur lesquelles il jouera a la basse. Il prend parallèlement des cours avec Etienne m’Bappé et Pierre Cullaz pour perfectionner l’harmonie ainsi que sa technique guitariste.

Copyright Ambiome 2009

Copyright Ambiome 2009

Il deviendra Intermittent du spectacle et après 3 ans de spectacles et quelque 170 dates, il décide de monter son propre projet avec un ami musicien (Soul et Sale). Ils vont tourner 4 ans et joueront plus d’une centaines de dates (Flèche d’or, Show Case Fnac, divers festivals…), ils produiront deux albums pour ce projet de style world pop funk et déjanté dont Mathieu assurera les parties guitare, cuivres et bois, basse et arrangements.

En 2005, il décide de s’installer à Bruxelles, est appelé pour des concerts divers dans des salles de renommées internationale à Paris en tant que bassiste (tournée rockn’roll à l’Olympia accompagnant Mike Shannon, concert à l’Elysée Montmartre, concerts plein air à Cachan avec Doudou Weiss…) donne des cours au sein de son école de musique Artefact, mais s’intéresse de plus en plus au coté expérimental de la musique.
Les bruits et sons qu’il écoute sur bande lors de performances contemporaines et exposition l’attire mais manque pour lui d’originalité vivante, et travaille avec Julien Tatham la relation son – image. Leur collaboration ne cessera pas de se renouveller et une fusion créative entre eux va naître. Ils vont accoucher de travaux tels que court-métrage, films expérimentaux (Lydia, 15 ans sélectionné au festival du court-métrage expérimental à Detmold en AllemagneDéli – Centrum…), exposition picturale et sonore « Décalage sonore du quotidien » à la rencontre des peintres de St Céneri le Gerei à l’exposition Interférence, et performances live avec le collectif Another State en trio – Vjing, dance et musique (« Because we don’t know this place…  » joué entre autre au Point éphémère).

Il travaille aujourd’hui au sein de Mofo Jackson sur Bruxelles, tourne Because et prépare de nouveaux spectacles le réalisateur Julien Tatham.

Les sons ne se “fixent” plus mais bougent dans l’espace. L’émotion et la dureté dont le monde est victime aujourd’hui le rend amer, joyeux et Agressif dans ses sonorités. La beauté et la pureté sont maintenant pour lui une finalité dans un parcours chaotique qui ne cesse d’être secoué et défoncé, pour son plus grand plaisir.
Mathieu Mirol
Références : Miles DavisBjork, George Clinton, Magma, Kronos Quartet, Joe Zawinul, Bill Viola, John Coltrane, toute énergie fusionnelle émergente et urgente…

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