Reflecting Story

Paroles de Godard

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Entretien vidéo diffusé sur TSR1 le 7 décembre 2010

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Trouvé sur Dérive.tv

Dérives.tv est « …une revue de cinéma, où ceux qui font des films donneraient de temps en temps leur position, comme des navires de commerce divers sur l’océan… » (extrait d’une lettre de Jean-Luc Godard à Jean-Pierre Rassam, 1977)

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Spike Jonze au 104

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4 commentaires


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A découvrir dans un container/cinéma le nouveau court-métrage de Spike Jonze au 104
Je ne l’ai pas encore vu, mais la bande annonce m’inspire…
J’imagine (ô soupçon) que c’est à voir et je suis aussi intrigué par ce « container/cinéma« …

En voyant cette bande annonce, on fait beaucoup de liens avec d’autres artistes, Cunningham pour Bjork, Gondry et son univers et Lynch avec les lapins dans le salon…

Autre information lue sur twitter (source), Aracade Fire et Spike Jonze auraient collaborés sur un tournage de film…
du bon avec du bon, ça fait du….. ! :)

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comme il se doit…

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bande annonce du dernier film de JLG :

Autre version de la bande annonce :

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Le baiser de la lune

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Un commentaire


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Le dernier film de Sébastien Watel, Le baiser de la Lune, est loin d’être un conte à dormir debout ; il tend plutôt à nous laisser en éveil.

Ce court métrage d’animation (actuellement en tournage) est une histoire poétique qui aborde les relations amoureuses entre personnes du même sexe.

L’histoirece film raconte l’évolution du regard archaïque d’une grand-mère sur les relations amoureuses.

Prisonnière d’un château de contes de fées, une chatte, « la vieille Agathe », est persuadée que l’on ne peut s’aimer que comme les princes et princesses. Mais cette vision étroite de l’amour est bouleversée par Félix, qui tombe amoureux de Léon, un poisson-lune, comme par la lune, amoureuse du soleil : deux amours impossibles, pour « la vieille Agathe ». Pourtant, en voyant ces couples s’aimer, librement et heureux, le regard de la chatte change et s’ouvre à celui des autres. C’est ainsi qu’elle quitte son château d’illusion et se donne enfin la possibilité d’une rencontre…

Ce film, à l’intention des enfants de CM1/CM2, est évidemment aussi adressé à touts les tranches d’âge. Il est toujours important d’offrir à un large public différentes façons de voir une histoire, de la lire et nous proposer de découvrir d’autres rapports entre les personnages. La construction classique d’une intrigue, d’un scénario, a trop souvent cette complaisance de se structurer sur les mêmes axes de lecture , et ainsi reste reconnaissable. On aime être rassuré par ce que l’on voit et au détriment d’idées originales (apportant de nouvelles interrogations) on se sclérose dans des scénarios reconnaissables qui finalement s’accumulent alors qu’ils pourraient se résumer en un seul. Toujours voir la même chose pose subjectivement une règle de légitimité et finalement une vision très étroite de la réalité (même et surtout avec un conte). Sébastien Watel, lui, n’a pas pris le même chemin et c’est rassurant. La masse de films allant dans le même sens se proclame alors définition car leur multitude fait office de référence, or, l’histoire de l’art l’a toujours montré, c’est généralement l’auteur « isolé », avec un autre point de vue, qui apporte un  nouvel axe de lecture faisant ainsi apparaitre réellement un autre regard et du coup révéler son sujet grâce à cette différence.

Dans « le baiser de la lune« , le sujet est l’amour.

Alors on dira : rien de plus classique dans ce sujet ! Mais, par réflexe, les idées qui nous viennent à l’esprit, quand on entend amour, c’est une histoire entre un homme et une femme. Mais trêve de chabadabada, non ici l’histoire amoureuse concerne Félix et Léon. Il est vraiment intéressant de se débarrasser des vieux réflexes, car au bout d’un moment ça rouille. Comment rester persuadé  de ce que l’on pense si les mêmes pensées reviennent sans cesse au détriment de l’apprentissage et de la remise en cause. Ne pas rester sur ses croyances que l’on croit définitives ouvre bien des horizons et je ne parle ici pas que d’art, évidemment. L’art d’ailleurs est rarement une fin en soit mais nous propose justement un autre axe de regard sur le monde. Sans en être toujours le but, une création a une valeur pédagogique forte car elle nous emmène avec différents outils à considérer autrement ce que nous voyons parfois peut-être trop du même œil obstiné. Ici nous avons affaire (à faire) avec un film d’animation, la technique de tournage est aussi riche que le sujet, les décors sont réalisés avec du sable qui se meut au gré de l’histoire, du pastel gras, des jeux d’éclairage…

(Voir ici différentes étapes de la fabrication du film)

En sus de cette prouesse technique, l’intention du film est loin d’être creuse, comme le dit le réalisateur : « Le baiser de la lune dépeint, de façon poétique, différentes façons de s’aimer, dont celle de deux « poissons-garçons ». À travers ce film, je souhaite apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe. Il s’agit de montrer que deux hommes ou deux femmes peuvent s’aimer, même si leurs amours paraissent différents ou impossibles.

Ce film d’animation s’adresse à un public enfant, afin de lutter contre l’homophobie survenant à l’adolescence. Au-delà de la problématique homosexuelle, ce film est une lutte contre les discriminations, par un apprentissage du respect de l’autre et de sa différence. « 

Mais alors voilà, le sujet crée (ô surprise !) la polémique. Certaines personnes imprégnées de « tolérance » et habitées par des valeurs étriquées décident d’attaquer l’amour, pardon le film. Finalement ces mêmes polémiques montrent bien à quel point ce genre de création a de l’importance et demeure extrêmement nécessaire, surtout quand il s’adresse à de jeunes générations. Les valeurs autour de la famille véhiculées par ceux qui veulent censurer le film aux plus jeunes montrent à quel point on tente encore aujourd’hui de scléroser une vision du couple (purée quand je pense que j’écris ça encore en 2010). Selon eux il y aurait une définition claire d’une structure familiale, une identité familiale (ça me fait penser à quelque chose ça). Car l’amour et l’éducation, on le sait bien, n’existent qu’avec un papa et une maman et les autres eh bien sont dénués de civismes et de sentiments, alors il faut les faire taire… Bref.

J’ai toujours été étonné, choqué, que l’on puisse ainsi poser (et le terme est choisi : sans mouvement), s’arrêter donc sur ce qui fait la différence. Ce qui est étrange car cela devrait être une source, une fontaine pour s’abreuver de ce que l’on ne connait pas. En quoi est-ce inquiétant de fréquenter ce qui est invisible à nos yeux, ce qui est étranger, pourquoi ne faire toujours que confiance qu’à ce que l’on connait, à ceux qui pensent comme nous, qui sont nés dans le même village et qui parlent la même langue, vous savez ceux qui pensent que c’est sain de toujours marier le rose avec le bleu. La palette est jolie ok, mais à terme cela devient bien pauvre de toujours vouloir faire les mêmes combinaisons. Il y a tellement plus de couleurs dans un arc en ciel, tellement plus de complémentaires. Un enfant, il faut lui montrer toutes les couleurs pourqu’il fasse ensuite son tableau. Si on ne lui propose que deux couleurs, la vision reste primaire. La vie dans laquelle il pénètre est déjà bien grise, alors laissons les réalisateurs leur révéler son éclat noir ou/et blanc. Viv(r)e le contraste.

L’amour n’a pas de mesure (la mesure de l’amour… etc), il n’y a rien d’héréditaire, c’est toujours novateur, on ne dépend de rien, il n’y a pas de costumes, il est et c’est tout. Alors s’il vous plait qu’importe comment on s’emboite, ce qui importe c’est que l’artiste puisse le conter et enrichir nos couleurs en rouge, jaune, noir, blanc, vert…

Le site du film
Soutenez le film, appel à souscriptions ici (merci pour l’artiste)
L’espace du mouton à plumes

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Mary & Max, des desseins animés

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Adama Elliot

Adam Elliot

L’histoire de deux « laissés pour compte ».
Une petite fille et un monsieur qui se croisent dans les mots (à travers un échange épistolaire) pour enfin trouver des réponses à leurs interrogations simplistes qui une fois formulées ouvrent finalement bien des horizons.
Des horizons, oui le terme me semble assez bien adapté à ce très bon petit film. De ceux qui sont ouverts à travers l’espace (décors magnifiques) mais aussi à ceux plus intérieurs. Et là, je pense instinctivement à cette expression anglaise que j’aime depuis toujours : Narrow Minded. Ce qui veut dire « avoir comme des œillères et ne pas voir plus loin que le bout de son nez ». Du coup, si on veut voir une scène dans son ensemble quand on est « narrow minded », on est obligé de tourner la tête et peut-être par défaut rater l’essentiel. Et si on reste ouvert face à ce film, on rencontre deux personnages qui nous la font tourner cette tête. Pris sur le vif, on se délecte de cette œuvre riche, bourrée de sens, de détails parce que ces deux petits bonshommes-là vivent peut-être dans leur mini univers mais ils ont les antennes bien déployées et très ouvertes.

L’histoire…
Mary Dinkle, c’est cette fillette solitaire australienne de huit ans, un peu trop grosse aux yeux des caïds de la récré, elle se sent bien seule avec toutes ses différences qu’on lui souligne. Elle décide alors de prendre son destin en main et du coup tente de jouer avec lui. Elle pioche un nom au hasard dans le bottin et écrit à un inconnu pour s’en faire un ami. La lettre traverse le globe pour atterrir dans les quartiers gris et tristes de New York et c’est Max Horovitz, un juif obèse de quarante-quatre ans tout aussi solitaire, bourré de problèmes qui ouvre la missive. S’en suit une histoire passionnante entre deux personnages bien différents  mais qui ont tant de points communs. Et c’est là dans l’échange de ces petits riens que leur histoire prend une tournure drôle, intimiste, parfois tragique mais délectablement décalée.

C’est aussi une prouesse technique sans rentrer dans la perfection trop froide des films animés à gros budgets. Le traitement esthétique se tient du début à la fin, les thématiques sont actuelles, parfois sombres mais en rien pessimistes.
C’est un film juste, qui ne ment pas et c’est sa seule prétention.

Copyright J. Tatham 2009

Copyright J. Tatham 2009

Le réalisateur, Adam Elliot, nous dira que l’histoire est tirée de sa propre expérience.

Image après image, le film anime à la fois ses personnages et ses spectateurs, c’est déjà un bel échange.
… et, on plonge dans cette histoire réaliste où enfin la magie prend sa juste tonalité.

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Jean Eustache

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… un des plus beaux plan séquence …


Extrait de « La maman et la Putain » de Jean Eustache

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Solaris

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L’océan pensant de Solaris était un aveu gigantesque [...] qui depuis longtemps avait compris la vanité de toute activité et qui, pour cette raison, se retranchait désormais dans un silence inébranlable.

SolarisStanislas Lem - 1961

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last days

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last days – 2005 – Gus Van Sant

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festival de cinéma en Allemagne (suite)

everyday

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(à l’occasion de la présentation de mon film Lydia, 15 ans)
Il faut être fort et sûr.
Plonger dans « l’irratiable » vérité, celle du doute qui est en nous, la source de ces images. Ne pas s’inquiéter de n’avoir aucun reflet, être informel, ne pas raconter une histoire mais la décomposer en guise de narration.
Trop d’images mâchent la réception du spectre acteur. On les vide pour provoquer en eux des sentiments facilement lisibles. On leur sert des films faciles d’accès pour les conforter dans le déjà-vu. Après ils sortent de la salle satisfait, comme après avoir avalé un mac-chicken. Une sensation d’avoir bouffé mais qui s’échappe quelques minutes après.
Non, peut-être qu’il faut que ça reste un peu sur l’estomac, le temps de construire une matière mentale. La vision du film a du goût, sa digestion : de la résistance.

De toute façon, bien rares sont les supports, je parle de ceux qui nous aident pour vraiment donné sans tout de suite penser à gagner. Remboursé, défrayé de quoi réitéré, n’est ce pas suffisant ? Un film sert-il à construire des buildings ? Ne serait-il pas plus efficace s’il s’attaquait plutôt aux fondations ?

Filmer l’art réalité.
Ce qui nous entoure nous fait bien trop souvent tourner de l’œil, le vertige de l’abus de pouvoir, l’équilibre financier qui détruit notre harmonie intérieure. Vider pour mieux profiter. Il faut montrer tout ça et transformer pour l’emmener ailleurs.

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festival de cinéma en Allemagne

everyday

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(à l’occasion de la présentation de mon film Lydia, 15 ans)
J’ai cette impression gênante, ennuyeuse pour moi-même, de ne pas être à ma place. Un état paradoxal, un héritage que j’aimerai arracher de mes valeurs, de toujours être à l’écoute – en guise de semence – de ces êtres à mes côtés. Des étrangers qui sont là, égoïstes, acharnés par leur paraitre dans l’illusion de leur statue. Ils sont là à disparaitre et je finis par ne plus être. Je m’efforce de les mettre à l’aise, un réel effort, épuisant et je m’y perds. J’oublie, je m’oublie pour qu’ils soient à l’aise et s’installe en moi un inconfort, une angoisse, une peur matérielle qui vient détruire ma créativité.
Je n’arrive pas à comprendre et accepter que tout n’est qu’un rapport de force sans enjeu. Chez eux, tout n’est qu’un refuge pour éviter d’aborder des sujets de fonds, des croisements intérieurs… enfin des croisements : voilà encore un exemple de ma faiblesse. Qu’y a t il à attendre d’un silence pesant ? Pourquoi je me sens obligé de remplir, car ce qui va déborder n’aura comme récipient qu’un contenant de banalités.

Je suis dans un festival de cinéma en Allemagne.
Toute la cohorte de cloportes au tee-shirt d’hommes sandwich plongent dans des artifices absconts et sans fonds d’âmes.
Rien ne s’échange, on tente de nous prendre en charge, nous réalisateur, on nous guide, nous conduit, nous occupe sans finalement tenter de nous rencontrer. Dès que j’aborde des sujets profonds, des thèmes de réflexions, espérant sans réels désirs des échanges formateurs, c’est vain. Il n’y a que des silences bien stériles.
Du tout et du rien.
On est loin du compte.
Toujours alimenter le vide, la surface de leur art, m’épuise. J’en ai rien à foutre.
J’attends bien plus, surtout d’un festival, que je rencontre ce qui m’échappe et au plus juste m’induise à nouveau en erreur. Un de ces chemins constructifs qui m’apporte et transporte ceux qui verront mon film.

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