Reflecting Story

invisible

about other's art, everyday

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comme une vague lente, prise, inconscient, de celle que l’on n’attend pas et qui vous prend comme un premier amour, comme ça sans prévenir, de face,
on en reste sans voix.
Une réelle montée, quasi figurée.
Une sensation délicieuse, un échos juste du plaisir.
Pris et emporté…
surpris et bouleversé,
pour s’apercevoir finalement que le rythme de cette ascension n’avait rien d’une flânerie.
Non, c’est un moment magie, rare, un temps paradoxe qui justement se scelle dans cette contemplation inattendue.

J’étais dans le métro, tu sais celui bondé. Mais ce soir, pendant ce trajet, j’ai été entièrement isolé entre une sœur et son frère, plongé dans ces mots autant délicats qu’amoraux.
J’étais porté par ce présent délectable d’une découverte.
Un instant de bonheur si grand, non, immense de lire.
De lire ce roman.
C’était lui le coupable, lui qui ce soir m’avait vraiment véhiculé.
Une immersion imprévue dans le passage d’un livre.
Commencé quelques jours auparavant, je l’appréciais certes mais il ne m’avait pas encore assiégé.

Il est encore 20h16 et il y a 1/4 d’heures, le regard éveillé j’ai fermé l’ouvrage en plein chapitre. Je venais de la prendre cette vague. Encore humide, j’étais habité comme on l’est après l’amour. Ici et là, dans cette zone abstraite où la pensée flotte au dedans du plaisir, où encore allongé au dessus du sol on est imprégné par la sensation lumineuse qui s’éclaire dans l’acte d’aimer.
Inondé du plaisir impénétrable.
Pour la première fois de ma vie, un livre venait de m’apporter cet au-delà.

Un petit passage de quatre pages
114 à 118
qui commence par
« Alors vint la nuit de la grande expérience »
… pour aller à …
« [...] et toi, toi qui ne savais rien avant cette nuit-là, tu commençais lentement ton éducation d’être humain. »

Entre ces deux phrases, j’ai été possédé et il m’y a emmené…
merci,

le livre : Invisible de Paul Auster (traduit par Christine Le Boeuf – Actes Sud)

Paul Auster

Paul Auster

Photo prise lors du « festival and co » organisé par Shakespeare And Company en juin 2008 - Copyright J. Tatham »

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divin dimanche

about other's art

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Je trainais avec ma belle sur un canapé fatigué. Un de ces dimanches en attendant des jours plus calmes (ceux que l’on appelle vacances). Une de ces fins de semaine où l’idée, très vite avortée, de sortir sous un ciel pluvieux d’été vous fait frissonner de fatigue.
Alors on reste avachi, on prend la ‘zappe’ et on se dit, tiens je vais mettre arte histoire de glander pratique…. et là on s’aperçoit que c’était une idée plus que lumineuse…
Mais oui, on a beau être à Paris, pas la peine de traîner sur des ponts paris-plagés, c’est à Avignon qu’on y danse (je vous laisse finir la phrase)…
Non, non la télé n’est pas qu’une vide boîte à glander…
Poum !

Copyright Luca Del Pia

Copyright Luca Del Pia

Sans détour on tombe sur un Romeo Castellucci, et c’est dans ta face que tu te la prends l’émotion… Inferno qu’ils nous proposent les coquinous
Vraiment saisissant…. j’en frissonne juste à le décrire. Beauté profonde… de profundis facei (pas sûr de la traduction mais sûr de l’émotion).
Un ballet intemporel qui donne envie de lire la Divine Comédie. Bon c’est sûr c’est pas la fête à la poilade, mais la couche d’émotions et d’expériences visuelles & sonores qui vous saisi vous secoue du canapé. Castellucci nous propose une interprétation de l’obscurité ô combien lumineuse.
Chaque tableau est une source, une bouffée d’inspirations et on se ressaisit rapidement prêt à se remettre à bosser sur un nouveau projet.
On pense à la créativité surprenante de Jan Fabre et du coup clair, on a envie de décoller….

Brigitte Salino (de Libération) :  » L’Enfer de l’italien a lieu ici et maintenant : dans un monde déshumanisé, où l’individu est seul, et la masse aveugle.  »

Et oui, dans sa boite cathodique (tiens, ça fait penser à catholique non ? D’ailleurs Mr Castellucci à ce sujet a son idée : « l’enfer, c’est les papes« ) donc je disais… la boite à pixels nous envoie bien de l’image et aussi du son et mes enfants du bien bon son. La parole a beau avoir la portée (musicale) du silence, nous baignons dans une mare sonore magnifique jouée en live par Scott Gibbons (tiens, les frissons me reprennent)…

Allez… un aperçu en attendant, mais l’intégrale si vous le souhaitez c’est ici & maintenant…

A voir aussi Purgatorio du même Castellucci (article d’Antoine de Baecque) joué en Avignon l’année précédente.

Filmé par Don Kent :

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festival de cinéma en Allemagne (suite)

everyday

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(à l’occasion de la présentation de mon film Lydia, 15 ans)
Il faut être fort et sûr.
Plonger dans « l’irratiable » vérité, celle du doute qui est en nous, la source de ces images. Ne pas s’inquiéter de n’avoir aucun reflet, être informel, ne pas raconter une histoire mais la décomposer en guise de narration.
Trop d’images mâchent la réception du spectre acteur. On les vide pour provoquer en eux des sentiments facilement lisibles. On leur sert des films faciles d’accès pour les conforter dans le déjà-vu. Après ils sortent de la salle satisfait, comme après avoir avalé un mac-chicken. Une sensation d’avoir bouffé mais qui s’échappe quelques minutes après.
Non, peut-être qu’il faut que ça reste un peu sur l’estomac, le temps de construire une matière mentale. La vision du film a du goût, sa digestion : de la résistance.

De toute façon, bien rares sont les supports, je parle de ceux qui nous aident pour vraiment donné sans tout de suite penser à gagner. Remboursé, défrayé de quoi réitéré, n’est ce pas suffisant ? Un film sert-il à construire des buildings ? Ne serait-il pas plus efficace s’il s’attaquait plutôt aux fondations ?

Filmer l’art réalité.
Ce qui nous entoure nous fait bien trop souvent tourner de l’œil, le vertige de l’abus de pouvoir, l’équilibre financier qui détruit notre harmonie intérieure. Vider pour mieux profiter. Il faut montrer tout ça et transformer pour l’emmener ailleurs.

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festival de cinéma en Allemagne

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(à l’occasion de la présentation de mon film Lydia, 15 ans)
J’ai cette impression gênante, ennuyeuse pour moi-même, de ne pas être à ma place. Un état paradoxal, un héritage que j’aimerai arracher de mes valeurs, de toujours être à l’écoute – en guise de semence – de ces êtres à mes côtés. Des étrangers qui sont là, égoïstes, acharnés par leur paraitre dans l’illusion de leur statue. Ils sont là à disparaitre et je finis par ne plus être. Je m’efforce de les mettre à l’aise, un réel effort, épuisant et je m’y perds. J’oublie, je m’oublie pour qu’ils soient à l’aise et s’installe en moi un inconfort, une angoisse, une peur matérielle qui vient détruire ma créativité.
Je n’arrive pas à comprendre et accepter que tout n’est qu’un rapport de force sans enjeu. Chez eux, tout n’est qu’un refuge pour éviter d’aborder des sujets de fonds, des croisements intérieurs… enfin des croisements : voilà encore un exemple de ma faiblesse. Qu’y a t il à attendre d’un silence pesant ? Pourquoi je me sens obligé de remplir, car ce qui va déborder n’aura comme récipient qu’un contenant de banalités.

Je suis dans un festival de cinéma en Allemagne.
Toute la cohorte de cloportes au tee-shirt d’hommes sandwich plongent dans des artifices absconts et sans fonds d’âmes.
Rien ne s’échange, on tente de nous prendre en charge, nous réalisateur, on nous guide, nous conduit, nous occupe sans finalement tenter de nous rencontrer. Dès que j’aborde des sujets profonds, des thèmes de réflexions, espérant sans réels désirs des échanges formateurs, c’est vain. Il n’y a que des silences bien stériles.
Du tout et du rien.
On est loin du compte.
Toujours alimenter le vide, la surface de leur art, m’épuise. J’en ai rien à foutre.
J’attends bien plus, surtout d’un festival, que je rencontre ce qui m’échappe et au plus juste m’induise à nouveau en erreur. Un de ces chemins constructifs qui m’apporte et transporte ceux qui verront mon film.

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