Reflecting Story

Çiğdem Mirol

about other's art

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Çiğdem Mirol
Someone by/for/in literature !…
Creates & criticizes in words, with a pencil, around Bruxelles where time constantly and insistingly passing through art!

 

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invisible

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comme une vague lente, prise, inconscient, de celle que l’on n’attend pas et qui vous prend comme un premier amour, comme ça sans prévenir, de face,
on en reste sans voix.
Une réelle montée, quasi figurée.
Une sensation délicieuse, un échos juste du plaisir.
Pris et emporté…
surpris et bouleversé,
pour s’apercevoir finalement que le rythme de cette ascension n’avait rien d’une flânerie.
Non, c’est un moment magie, rare, un temps paradoxe qui justement se scelle dans cette contemplation inattendue.

J’étais dans le métro, tu sais celui bondé. Mais ce soir, pendant ce trajet, j’ai été entièrement isolé entre une sœur et son frère, plongé dans ces mots autant délicats qu’amoraux.
J’étais porté par ce présent délectable d’une découverte.
Un instant de bonheur si grand, non, immense de lire.
De lire ce roman.
C’était lui le coupable, lui qui ce soir m’avait vraiment véhiculé.
Une immersion imprévue dans le passage d’un livre.
Commencé quelques jours auparavant, je l’appréciais certes mais il ne m’avait pas encore assiégé.

Il est encore 20h16 et il y a 1/4 d’heures, le regard éveillé j’ai fermé l’ouvrage en plein chapitre. Je venais de la prendre cette vague. Encore humide, j’étais habité comme on l’est après l’amour. Ici et là, dans cette zone abstraite où la pensée flotte au dedans du plaisir, où encore allongé au dessus du sol on est imprégné par la sensation lumineuse qui s’éclaire dans l’acte d’aimer.
Inondé du plaisir impénétrable.
Pour la première fois de ma vie, un livre venait de m’apporter cet au-delà.

Un petit passage de quatre pages
114 à 118
qui commence par
« Alors vint la nuit de la grande expérience »
… pour aller à …
« [...] et toi, toi qui ne savais rien avant cette nuit-là, tu commençais lentement ton éducation d’être humain. »

Entre ces deux phrases, j’ai été possédé et il m’y a emmené…
merci,

le livre : Invisible de Paul Auster (traduit par Christine Le Boeuf – Actes Sud)

Paul Auster

Paul Auster

Photo prise lors du « festival and co » organisé par Shakespeare And Company en juin 2008 - Copyright J. Tatham »

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