Reflecting Story

Par ma fenêtre : Paris, le sacré-coeur

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Pendant plusieurs mois dans le 18ème arrondissement de Paris, j’ai pris des photos de ma fenêtre de cette vue magnifique.

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correspondances

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vjay – workshop 2
Un 23 mai, tard dans la nuit, je reçois un appel de Mathieu
Il se plaint, nous ne travaillons pas assez ensemble en ce moment…
Je prends ma webcam et son pauvre micro, lui me répond dans l’écho de sa sphère sonore.
Et… quelques heures plus tard,
à distance,
lui à Bruxelles, moi sur Paris…
une correspondance…

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liberté d’ex-pression-

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liberté d’expression

je sortais du métro ce matin, Saint-Placide à Paris, le casque aux oreilles écoutant Noir Désir : Un jour en France
Et au hasard de cette chanson, je tombe sur une manifestation bien encadrée, on va dire.
En supposant qu’il y avait des manifestants entre tous ces policiers, ne les voyant plus de l’extérieur, je me suis demandé ce qu’ils avaient justement à me dire ces manifestants.
Il est bien logique que quand l’on manifeste, c’est que l’on veut se faire entendre et que l’on a un message…
Et là, à part un pauvre bandeau à peine perceptible (« Ils bossent ici, ils vivent ici, ils restent ici »), le message était complètement étouffé par les forces de l’ordre.
L’oxygène pour s’exprimer dans ce pays démocratique semble manquer.

Asphyxie ?
L’asphyxie de l’humain est une urgence médicale. Sans action extérieure, l’asphyxie mène rapidement à l’inconscience puis à la mort.
(définition de l’asphyxie trouvée sur Wikipédia)

Petit extrait de la chanson de Noir Désir, pour mémoire :
 » [...] C’est le temps des menaces
On a pas le choix pile en face
Et aujourd’hui je jure que rien n’se passe
Toujours un peu plus
F.N Souffrance
Qu’on est bien en France
C’est l’heure de changer la monnaie
On devra encore imprimer le rêve de l’égalité
On n’devra jamais supprimer celui de la fraternité
Restent des pointillés… Yeah, Yeah, Yeah !!!
 »
Noir DésirExtrait d’Un jour en France

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Soulages, je m’abstrais

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Copyright Soulages

Copyright Soulages

outre la poésie, et d’ailleurs comment encore dire outre : les couches.
Les surfaces qui couvrent, découvrent et la lumière qui révèle, les révèle.
L’ »obscure clarté » disait Victor Hugo.
La surface plane d’où émergent les sédiments d’un passage, plages d’émotions.
Picturalité concrète aux traces absentes, la trace comme écriture.
Un fond sujet qui couvre la forme… beau dialogue d’unité.

Le blanc de la toile alors se narre, la peinture l’écrit, la forme elle la souligne.
Recouvrement, découvrement.
L’expression qui se souligne.
Que d’histoires…
Pas besoin de sens de lecture, c’est la lecture de Soulages qui donne le sens.
Noire est lumière tout contre-sens.
Le mensonge du blanc de la toile, la vierge est formée, il dissout de sa réincarnation.

Force poésie, s’en dégage l’aura d’une immensité, l’éclosion d’un détail.
Une touche qui raconte, celle qui trace pour ne pas s’arrêter, une trace qui laisse deviner la main du peintre. Celui-là même qui en adresse a confié du précis ou de son geste l’illusion d’une trace de pinceau oubliée.

je vous la conseille…

« Le noir, c’est, d’un côté, l’extrême, le sombre, il n’y a pas plus sombre que le noir, et, à côté de cela, une couleur lumineuse. Le rapport de ces deux possibilités a fait que je me suis orienté vers cette manière de peindre. »
Pierre SOULAGES

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divin dimanche

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Je trainais avec ma belle sur un canapé fatigué. Un de ces dimanches en attendant des jours plus calmes (ceux que l’on appelle vacances). Une de ces fins de semaine où l’idée, très vite avortée, de sortir sous un ciel pluvieux d’été vous fait frissonner de fatigue.
Alors on reste avachi, on prend la ‘zappe’ et on se dit, tiens je vais mettre arte histoire de glander pratique…. et là on s’aperçoit que c’était une idée plus que lumineuse…
Mais oui, on a beau être à Paris, pas la peine de traîner sur des ponts paris-plagés, c’est à Avignon qu’on y danse (je vous laisse finir la phrase)…
Non, non la télé n’est pas qu’une vide boîte à glander…
Poum !

Copyright Luca Del Pia

Copyright Luca Del Pia

Sans détour on tombe sur un Romeo Castellucci, et c’est dans ta face que tu te la prends l’émotion… Inferno qu’ils nous proposent les coquinous
Vraiment saisissant…. j’en frissonne juste à le décrire. Beauté profonde… de profundis facei (pas sûr de la traduction mais sûr de l’émotion).
Un ballet intemporel qui donne envie de lire la Divine Comédie. Bon c’est sûr c’est pas la fête à la poilade, mais la couche d’émotions et d’expériences visuelles & sonores qui vous saisi vous secoue du canapé. Castellucci nous propose une interprétation de l’obscurité ô combien lumineuse.
Chaque tableau est une source, une bouffée d’inspirations et on se ressaisit rapidement prêt à se remettre à bosser sur un nouveau projet.
On pense à la créativité surprenante de Jan Fabre et du coup clair, on a envie de décoller….

Brigitte Salino (de Libération) :  » L’Enfer de l’italien a lieu ici et maintenant : dans un monde déshumanisé, où l’individu est seul, et la masse aveugle.  »

Et oui, dans sa boite cathodique (tiens, ça fait penser à catholique non ? D’ailleurs Mr Castellucci à ce sujet a son idée : « l’enfer, c’est les papes« ) donc je disais… la boite à pixels nous envoie bien de l’image et aussi du son et mes enfants du bien bon son. La parole a beau avoir la portée (musicale) du silence, nous baignons dans une mare sonore magnifique jouée en live par Scott Gibbons (tiens, les frissons me reprennent)…

Allez… un aperçu en attendant, mais l’intégrale si vous le souhaitez c’est ici & maintenant…

A voir aussi Purgatorio du même Castellucci (article d’Antoine de Baecque) joué en Avignon l’année précédente.

Filmé par Don Kent :

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in the mood for glove

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ça pèle sa race, ils arrêtent pas de marcher, mais ils vont où, j’ai mes chaussettes au fait, ça fait longtemps tout ça, enfin bref, tiens encore lui, il me regarde jamais, c’est beau paris, j’ai faim, j’espère qu’il va pas venir me faire chier l’autre, je lui pète sa gueule moi, comme disait ma mère, elle disait quoi d’ailleurs, me rappelle plus, on s’en fout, ce qu’il caille, ça doit être pour ça que j’ai froid, putain ça me gratte, bon on fait quoi là, il fait pas chaud « Il fait pas chaud, einh, ahah ! » ça s’est dit et plus à dire, tiens v’la l’autre, je sais pas, enfin on sait tous un peu mais c’est pas très juste tout ça, sarkosy il nique la carla, il est rapide ce gars là, j’ai faim, il doit être l’heure, trop d’idées « ENCULE ! » ça s’est dit, il fait froid, putain, je ne sais plus moi ce qu’elle dit ma mère et je m’en foue, tiens vl’à l’autre, il va me parler, elle est bonne elle, il passe ce con « pauvre con ! ahah ». t’as pas deux euros, blaireau, je vais me bouger le cul et je vais me bouger le cul, allez hop, pauvre con !! ahah !  » C’est beau paris en hiver einh, allez acheter bande de gens !! PD ! ahah ! « 

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journée d’un artiste

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La passion peut être mature, j’en suis de plus en plus persuadé.
ne pas l’éteindre… devenir laid, l’apparence s’efface, surface bientôt pile.
L’abîme du vide remplit, tu te vides………………..
N’est toi, oui nettoie, désinfecte quand tout sera craché, en acceptant ses faiblesses, la force va s’ériger après son sommeil.

nous n’avons rien commencer si ce n’est tout ce qui est en nous dans l’instant t.
t après l’s et proche de l’u. Tant d’alpha-b à créer.

journée.
10h00, réveil.
il fait encore nuit dans mes yeux pourtant j’allume aussitôt d’instinct le lap-top, je ne suis pas down.
Trop bu deux jours avant, ai « aimé » une inconnue dans l’ivresse des boissons qui m’a dit qu’on ne devrait pas s’aimer. Nous nous sommes quittés avant de s’être présenté.
Cette histoire a sûrement la teinte juste. Elle a trente ans et c’est ainsi que l’on restera là, dans notre époque, je ne m’écorcherai pas à provoquer ce qui n’est pas. Nous sommes responsables, chacun porte ses folies et les gère à leur mesure.

10h01
Je consulte mes mails, elle n’est pas là encore dans la magie de ses mots.
Cette intuition qui me chuchote encore à l’oreille : tu ne lui diras jamais adieu.

10h13
Je sors de ma chambre et retrouve des colocataires les yeux embués d’une fête encore fraîche dont je me suis isolé hier soir.
Petit déjeuner, planté devant la télé, je suis avec eux et regarde leurs yeux rivés vers la cathode pixellisée. Deux jeunes femmes russe entrent dans le salon, locataire d’un week-end accueillis par couchsurfing. J’aime rencontrer des univers étrangers. Elles sont jeunes pleine de séductions, je leur souris, me délectant d’être à côté. Elles attendent l’amour qui sera les révéler, je trouve que c’est beau.

10h28
j’appelle émilie, la danseuse avec qui je dois répéter cette après-midi. Elle se réveille aussi en radio. Je lui dis que nous ferons des photos pour le dossier de presse cette après-midi et de se préparer à m’accueillir et de s’ouvrir en personnage transformé.

11h00
je me force à remplir quelques courriers administratifs. C’est chiant mais tellement bon quand c’est géré.

Je dois écrire pour cette performance un texte plus lisible (que l’on m’a dit). Je m’écoute, ce n’est pas le moment, ils attendront.
Je leur donne par contre volontiers ma série numéro-illogique de sécurité social (sécurité social, quelle vilaine expression)

12h34
Je mets ma veste et pas encore lavé j’y vais.

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m

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tous ces petits parisiens de m, m’agacent.
emprunts de non-originalité, ils se rasent le crâne ne sachant qu’évoquer.
ils ont leur petites places dans leur petite culture.
Ça leur servent de faire valoir à une non-application de créativité.
Car la leur, oui : néante.
Ils pensent pourtant qu’ils transcendent en soirée, ils emballent la vide anorexique à la mode, celle aux cheveux courts qui fait la gueule.
Quelle commune soirée, petite vie, où à chaque fois ils s’y consument.
Ça cite mais ça ne vit pas.
Ça croit mais ça n’est pas.
La poésie connait pas.
C’est Libé.
La culture, un lieu commun, ils y vont mais n’y sont pas.
Ils sont parisiens.
Presque 40 ans croyant encore à leur 25 ans.
Ça baise comme ça mais ça bouge en rien.
Puis… ça pond un môme pour en faire leur poupée et remplacer ce qu’ils n’ont jamais été.

d’ailleurs pour-quoi je me fais chier à les considérer.

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so what ? french is just a word.

everyday

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there is going to be nothing but what.
fuck this is not my language, it’s really why i feel, i own it.
no religion, no word, no reality to define what i mean, what i want, what i’m looking for.
the unknown is my knowledge.
my mistakes are the final solution to -my- (but yours) creation.
The only ‘thing’ i know is that drug made me what i am, and i’m definitly writing this under no substance. I mean it.
My life is a sad beat made of the illusion of light.
i’m crasy happy to be sad, sad not to be in this reality.
sad to be out of my fantastic materialism.
ok, this are only words but what is the most important then that out of concrete reality.
REALITY, fuck U REALITY.
no mark, no angel, what is what, what is me.
Fuking human nature, thanks miles to keep me alive.
My final trip of fucking no sarkosy.

and thanks again tricky to have get away from this mess of parisian absurdity on a stupid january.

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C’était un jour de juin.

everyday

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C’était un jour de juin.
Clair et sombre.

Il ne savait plus comment faire car il venait de le faire.

Après avoir pris le bain du matin dans la pièce parisienne, il écoutait l’eau qui calmait son corps, qui caressait son ventre. C’était une étreinte chaude et invisible pour calmer la plaie. Un corps sans corps qui l’aimait. Le temps d’un instant, oui juste le temps que tout s’écoule dans l’évier insignifiant.
Il n’osait pas regarder ce visage qui devait porter ces mots, il fuyait son regard peur d’encore s’y laisser perdre.
Et là.
Là, seulement là, il décidait de ne plus reculer.
Là, malgré tout ces appels intérieurs, il allait lui dire.

La rue.
Les gens vivent.
Il part.
Il rentre dans le métro, les gens.
Encore eux, toujours eux qui sont loin mais bien trop près.
Rester concentrer sur du rien.
Les paroles passent, l’infernal tumulte de la machine sous-terraine crie.
La station approche.
Elle est là : place de clichy.
Il ôtait tout les souvenirs.

Le bar.
Dans quel bar lui dire ?
Celui-là… oui nous y avions vu notre dernier concert : Lubat, hymne à la vie quand votre cœur se plissent, larmes d’amour d’espoir trop désespéré.
A côté d’elle, elle n’était déjà plus là.
Aujourd’hui, c’était dans le bar d’à côté que tout allait se passer.

Encore ce soleil.
Assis, en train de lui écrire ces derniers mots : ce petit adieu comme elle a dit juste après, me redonnant, malheureux, encore une dernière fois l’espoir que je chasse aussitôt, je l’attendais.

Téléphone.
Je suis là.
Oui là… pour la dernière fois, encore cette fois, là pour toi.

Puis,
elle surgit de nulle part, je la vois… je la vois.
Un rayon puissant qui déchire encore mon bonheur, un éclat, une femme que je ne pourrais écorcher de mots trop imprécis. Comment décrire mon odyssée ?

Elle s’assied.
Les larmes ne peuvent tout dévier.
« qu’est ce qu’il y a ? »

qu’est ce qu’il y a…

Je lui donne la lettre.
Le temps passe vite et lentement.
Elle lit.

Au bout… elle ôte la feuille de mon cahier pour la ranger dans son sac.

Elle ne sait pas quoi dire…
Mais oui que dire ?
Tout a été dit.
Tout est dit.
Fini.

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